Journal de bord – 6 Mars 2026

Voici environ 10 mois que je suis de retour à El Hierro.

Aujourd’hui cela fait 2 ans jour pour jour que mes enfants auraient dû venir chez moi à Strasbourg pour quelques jours de vacances. Et qu’ils ne sont jamais arrivés. Ils étaient alors en Argentine depuis le 26 Février 2024.

Où sont-ils maintenant ?
Que font-ils ?
Et… pourquoi ?

Pourquoi leur mère a-t-elle fuit ainsi avec eux ?
Pourquoi la justice est incapable de les retrouver ?
Pourquoi la justice a été incapable de les protéger ?
Pourquoi la justice tente de justifier cet enlèvement, inversant les rôles dans une dérive facho-féministe extrémiste ?

On me dit que quand ils seront grands ils me chercheront… Mais dans quel état psychologique ? Après des années à se faire dire par leur mère des mauvaises choses sur moi ?

On me dit d’aller en Equateur les chercher… C’est gentil, mais y sont-ils encore ? Et comment procéder ? Et comment financer ? Un détective privé, oui, mais ce n’est pas donné. Et pourquoi devrais-je me sacrifier pour une erreur commise principalement par mon pays, la France, et aussi par son voisin, l’Allemagne, dont la police a laissé embarquer en avion mes enfants malgré l’interdiction judiciaire en place de sortir du territoire français ?

Le paradoxe de la situation, c’est que cet enlèvement m’a permis de retrouver une vie plus agréable en changeant de lieu. Mes enfants étaient nés aux Îles Canaries, c’etait l’endroit qu’on avait choisi pour vivre et fonder notre foyer. Mais la justice avait légalisé le premier enlèvement international de la mère vers la France en 2019. J’avais donc dû retourner en France pour défendre mes droits de père, et voir mes enfants autant que la justice me le permettait malgré les habiles manipulations de leur mère pour me limiter ces droits.

Si cet enlèvement n’avait pas eu lieu, je serais à Strasbourg, faisant prof de techno quelque part en Alsace, et voyant mes petits un week-end sur deux et la moitié des vacances, ou peut-être désormais en garde alternée, ou peut-être désormais avec la garde exclusive.

Mais ce troisième enlèvement a eu lieu, et dès lors je n’avais plus de raison de rester en France, mes autres enfants étant suffisamment grands pour venir me voir régulièrement en vacances ailleurs.

Donc en mai de l’année dernière, j’ai chargé un maximum d’affaires dans la voiture, et hopla direction El Hierro. Je suis arrivé ici avec un sacré mal de dos, qui est heureusement passé en quelques semaines en restant sur un rythme lit/piscine/lit/piscine à la maison de plage.

En Octobre 2025, j’ai dû retourner en France, pour audition auprès du juge d’instruction en charge du dossier sur l’enlèvement de mes enfants. A peine 2 semaines plus tard, il m’a re-convoqué, cette fois pour m’accuser de harcèlement envers la mère de mes enfants, dans les années précédentes, comme pour justifier sa fuite.

Alors là j’ai dit stop. Non, je ne vais pas cesser mon activité à El Hierro, que je reprends à peine, et dépenser un trajet en France pour entendre ces sornettes. J’ai fait 2 autres petits livres : “Ma Nef Des Folles” et “Guérir la justice devenue perverse narcissique”, et j’ai fait un dossier de demande de dépaysement judiciaire auprès de la cour de cassation, pour qu’un autre tribunal reprenne tout le dossier, et cherche vraiment les responsabilités dans cette affaire, mais surtout, explore vraiment les pistes de localisation possibles.

Je dois rappeler la cour de cassation la semaine prochaine pour avoir des nouvelles de cette demande de dépaysement judiciaire.

En attendant, ces dernières semaines, j’ai aménagé le jardin à El Hierro : réalisation de jardinières, plantations de salades, radis, courges, etc… Ceci autour d’un mémorial des victimes de la protection de l’enfance en France. J’ai aussi un peu réorganisé l’auberge, afin d’augmenter la capacité et de développer les services disponibles.

Et, j’ai acheté un bateau : une moto-voilier de 10m90 de long, un Tonner 330 fabriqué en Suisse en 1982, avec un moteur Volvo Penta. Cracus, il s’appelle. 10.000 euros, avec un prêt sur 3 ans pour ce bateau, alors que je n’ai pas le permis pour le conduire ici, et que je ne sais pas exactement ce que je vais en faire pour le moment. Mais depuis que j’ai découvert ma descendance de Sébastien Brant, auteur de La Nef des Fous en 1494, il était au fur et à mesure de plus en plus évident dans mon esprit qu’un jour je symboliserais son message dans un bateau.

10.000 euros, c’est le même montant que le remboursement du master en marketing du luxe duquel on avait été virés en 2017 avec la mère des petits, avec lequel on était arrivé à El Hierro. La moitié avait été dépensée en hébergement Airbnb et Booking sur Ténérife en attendant la naissance d’Elena, le médecin de El Hierro nous ayant envoyé sur cette autre île pour l’accouchement, au final un mois avant la naissance de notre fille. Ce montant devait être remboursé par la sécurité sociale locale, mais finalement ils avaient refusé de rembourser, malgré tous les justificatifs fournis.

7h17, le jour se lève sur El Hierro. Beaucoup de vent aujourd’hui. Le ciel est gris, il y eu une averse vers 5h30. Est-ce tout le temps comme cela ? Changement climatique ? Je ne sais même pas répondre quand on me pose la question, car si je suis ici depuis bientôt 9 ans maintenant, je n’avais eu jusque là qu’une année complète sur place, de mai 2017 à août 2018, et plus en hauteur dans l’île, à Mocanal. Pozo de las Calcosas, où nous sommes désormais, est à quelques kilomètres, mais beaucoup plus bas en altitude et proche de la mer.

A El Hierro, le temps change de dimension. Je me souviens de mon premier retour en France en Septembre 2018 après 1 année complète sur l’île. Je me sentais comme un escargot, en marchant à la Petite France, en regardant tous les gens autour de moi. J’avais aimé cette sensation.

Mon quotidien ici est répétitif et varié à la fois. Le matin, préparer le petit-déjeuner pour les clients, faire le ménage des salles de bains, des chambres, changer les lits. Le milieu de journée, de vers 10h-11h jusqu’à 17h-18h, est plus libre : travaux, jardinage, parfois virée dans l’île avec des clients ou mes parents, et parfois à chercher de quoi faire les confitures. Confitures pour le moment cuites à l’électricité, en attendant un meilleur temps pour les refaire au four solaire.

Le soir, c’est les arrivées des clients, et parfois les repas communs. Ces repas sont les moments que je préfère, quand se rencontrent à la table des voyageurs du monde entier, et que cela parle à la fois espagnol, anglais, allemand, français, et parfois tchèque, polonais.

A la table de Sébastien Brant, cette conférence dont un enregistrement est disponible sur Youtube, explique ce que mon ancêtre, en plus de son écriture de La Nef Des Fous, et d’avoir été 1er secrétaire de Strasbourg pendant 20 ans, a fait dans le domaine de la cuisine et la gastronomie. Je me permets de penser que ses idées dans le domaine culinaire venaient de son enfance au sein de l’auberge de ses parents, Le Lion d’Or, située rue d’Or à Strasbourg, et de la rencontre avec son épouse qui venait d’une famille de couteliers.

Pour le moment, le menu de notre table à El Hierro le plus fréquent, est la raclette ! Avec le fromage d’El Hierro, et les papas arrugadas. La prochaine est prévue demain soir, car j’ai placé les repas communs désormais les mercredis et samedis. Et je commence à proposer ces dîners à des personnes qui ne sont pas hébergées chez nous. Le principe est une contribution libre à la fin du repas. Je basais cela sur une parole de Jésus dans l’évangile selon Thomas disant “Ne demande pas d’argent pour de la nourriture”, mais en recherchant ce logion, je ne l’ai pas retrouvé, c’est donc mon cerveau qui m’a joué un tour pour cette expression… On trouve un truc similaire dans la Bible en fait :

Esaïe 55:1 (Bible, Ancien Testament)

« Vous tous qui avez soif, venez aux eaux… vous qui n’avez pas d’argent, venez acheter et manger ; venez acheter du vin et du lait sans argent et sans prix. »

Et bon, on trouve la même chose dans toutes les religions sous une forme ou une autre.

Et si “DAS NARRENSCHIFF”, la nef des fous, était un message codé anagramme de “RAFF’N DAS SCHREIN” : saisir le sanctuaire ?

Article publié le Vendredi 6 Mars 2026

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